Mon hommage à Jean-François Compiègne

Ce matin, nous étions très nombreux à rendre un dernier hommage et dire un ultime au-revoir à notre ami Jean-François Compiègne.

Voici le mot d’adieu que je lui ai adressé :

« C’est quand les êtres ne sont plus là que l’on prend vraiment conscience à quel point on était attaché à eux ».

Cette phrase est d’Annie Defosse, amie et soutien fidèle de Jean-François. Elle me l’a dite dimanche dernier et elle résume bien ce que nous ressentons tous ce matin.

Oui, Jean-François, plus les jours passent et plus nous prenons conscience que tu vas beaucoup nous manquer.

Tu vas manquer à Perrine, ton épouse, à Louis, à Margaux, tes enfants dont tu étais si fier.

Tu vas manquer à Lola, ta petite-fille que, la veille encore, tu tenais dans tes bras.

Tu vas manquer à tes parents, à qui tu rendais, en fils fidèle et attentionné, très régulièrement visite.

Tu vas manquer à tes amis venus si nombreux ce matin.

Ton départ est sans aucun doute une grande perte pour Hucqueliers, pour la Communauté de communes et pour le montreuillois.

Perrine, Margaux et Louis m’ont demandé de prendre la parole ce matin. Je le ferai au nom de tous tes amis et de tous les élus.

Mais comment résumer, en quelques minutes, ton parcours et ta personnalité !

Après y avoir beaucoup réfléchi et, surtout, après avoir beaucoup écouté, je retiendrai trois expressions : Attentif aux autres, Volontaire, Rigoureux.

  1. Attentif aux autres, on pourrait être surpris que l’on utilise ce qualificatif s’agissant de Jean-François Compiègne.

De prime abord, en effet, Jean-François était, un homme plutôt réservé, vous gardant à distance.

Mais ce qui pouvait passer parfois pour de la froideur ou de l’indifférence, n’était en réalité que de la pudeur qui cachait une très grande sensibilité et une très grande attention aux autres.

Il n’y avait qu’à regarder ton sourire pour comprendre très vite que l’on avait affaire à quelqu’un qui aimait les autres, qui les respectait (jamais je ne t’ai entendu dire du mal des autres) et qui était attentif à chacun.

Tu étais d’abord et avant tout attentif à ta famille vers laquelle sont allées tes dernières pensées. Tous peuvent ici témoigner de l’amour que tu portais en particulier à Margaux et Louis. A Lola aussi.

Margaux me racontait que lors de ta première visite à la maternité, elle ne savait pas comment tu réagirais devant le bébé et que, sans hésiter, tu l’as prise dans tes bras. Lola, elle, avait réussi à atteindre le vrai Jean-François du premier coup.

Attentif, tu l’étais également à l’égard de tes amis, vis-à-vis desquels tu pouvais même parfois être volubile, ainsi qu’à l’égard de tous ceux qui croisaient ton chemin.

Jean-Bernard Bayard, président de l’Association de fiscalité agricole (AFA) où tu travaillais depuis 1985, l’a très bien exprimé : « Jean-François Compiègne était  toujours prêt à répondre à l’autre avec le plus grand respect ; c’était un travailleur consciencieux avec une logique qui plaisait au monde agricole qu’il avait en charge. Il était même devenu, peu à peu, le confident des personnes dont il traitait le dossier »

Cette volonté d’aller vers les autres et de les aider, s’est naturellement traduite dans ton engagement associatif : au sein du club de football, de l’office de tourisme, du cycloclub d’Hucqueliers, du comité de jumelage Europe Amitié avec l’Allemagne dont tu étais l’un des animateurs. Je salue la présence ce matin d’une délégation allemande de la ville de Emsetal ce qui prouve, s’il en était besoin, l’attachement qu’ils te portaient.

A Hucqueliers, dans la communauté de communes, c’est la volonté d’apporter le meilleur à chacun qui a également conduit l’action de Jean-François.

Son implication au sein de la MARPA de Preures, la création du centre socioculturel intercommunal (le 1er créé en milieu rural à vocation intercommunale dans le département du Pas de Calais), la création d’un relais assistante maternelle ou encore le plan de rénovation de l’habitat en sont autant de témoignages.

Dans bien des domaines, ton action était citée en exemple dans nos réunions de préparation du SCOT du montreuillois auxquelles tu n’as jamais manqué.

  1. Attentif aux autres, tu étais aussi particulièrement volontaire.

Courageux et tenace, Jean-François ne lâchait jamais et en faisait jamais rien à moitié.

2.1. Ces qualités, c’est dans le sport qu’elles se sont d’abord exprimées.

Comme joueur de football, tout d’abord, au club d’Hucqueliers dont tu fus également le Président. Une passion que tu as transmise à ton fils Louis.

Aux quilles également, pour lesquelles tu avais un véritable engouement.

Membre depuis ta plus tendre enfance de l’Union de Longfossé, tu as toujours gardé ce lien avec ta région natale dont tu aimais défendre les couleurs dans les différents concours.

Aux quilles, où tu jouais pour te détendre mais aussi pour gagner ! Car, dans ce domaine, comme dans les autres, tu n’aimais pas perdre.  Lorsque le résultat n’était pas à la hauteur, ton tempérament de leader reprenait très vite le dessus et tu poussais alors les autres à se surpasser.

Et tes partenaires ne s’en plaignaient pas. Bien au contraire ! J’ai même appris qu’Eric Harlé, président de l’Union, adaptait parfois son calendrier de façon à te permettre de t’entraîner et de pouvoir jouer.

Car tu étais un sacré joueur. Récemment, tu as même reçu le titre d’interjoueurs 2013 à Lottinghen.

Je me souviens également de la quille d’or que vous aviez reçue avec votre quadrette à Montreuil en 2012.

Ton attitude pendant les compétitions et à l’occasion des remises de prix, m’a d’ailleurs toujours frappé. Sérieux, concentration, mais aussi et surtout esprit d’équipe. Car, jamais tu ne cherchais à te mettre en avant et toujours, dans ce domaine comme dans les autres, tu privilégiais le collectif.

2.2. Volontaire, tu l’étais également dans la défense de la ruralité

Originaire de Longfossé, issu d’une famille d’agriculteurs, tu tenais beaucoup à tes racines paysannes.

Tu aimais passionnément la nature, une nature avec laquelle tu étais en communion lors de tes longues promenades et pour la chasse et que tu as voulu retrouver pour toujours dimanche dernier.

Avec ton bon sens paysan, que tu revendiquais, tu savais aussi qu’à la campagne, rien n’est facile ni donné ni jamais acquis définitivement.

D’où tes combats pour améliorer sans cesse les conditions de vie de tes concitoyens et l’attractivité de ton territoire.

J’en veux pour preuve la défense du maintien du Trésor Public et la création d’un bureau de permanences à Hucqueliers pour les partenaires institutionnels, la création d’une salle des sports intercommunale à Preures, la création de nombreux sentiers de randonnées ou encore les travaux de lutte contre les inondations et l’érosion des sols et ton investissement au sein de l’office de tourisme.

Sans oublier ce clip réalisé l’année dernière pour inciter des jeunes praticiens à venir s’installer à Hucqueliers, frappé comme beaucoup de bourgs ruraux par la désertification médicale. Tu étais d’ailleurs passé récemment sur TF1 pour cette brillante initiative !

Et tout ce travail, tout cet investissement a porté ses fruits puisque, grâce à toi, la population n’a pas cessé d’augmenter ces dernières années ce qui est loin d’être le cas partout sur la côte d’opale.

Tout cela a été rendu possible grâce aux mandats que tu as exercé et que je laisse le soin à monsieur le Sous-Préfet de rappeler après moi.

Parmi les souvenirs que je garderai de ces moments où on te sentait heureux et fier de ce que tu faisais, il y a, bien évidemment, le passage du Tour de France à Hucqueliers et l’accueil que tu avais réservé à Bernard Hinault pour une opération pour laquelle tu avais eu la bonne idée d’inscrire ta commune et ton territoire.

Cette défense de la ruralité, tu l’avais en toi, à l’exemple de ton père, Michel, qui fut président de la SAFER.

J’ajouterai, pour en terminer sur ce trait de caractère que, volontaire, tu n’étais pas là pour regarder les autres travailler. Tout le monde se souvient de la préparation de la Fête du canton où tu n’hésitais pas à mettre la main à la patte, y compris pour aider à monter le chapiteau. Récemment, nous avons encore à l’esprit ton investissement personnel dans la préparation du Congres départemental des sapeurs pompiers de l’an dernier où tout devait être impeccable et réglé au millimètre.

  1. Rigoureux

Attentif aux autres, volontaire, mais aussi rigoureux, troisième qualificatif qui me vient à l’esprit et qui, peut-être, te caractérise le mieux.

Jean-François était rigoureux, de part sa profession mais surtout par tempérament.

Avec les avantages et les inconvénients de ce trait de caractère.

Au chapitre des avantages, je reprendrai des formules que j’ai beaucoup entendues depuis dimanche : intègre, organisé, aimant le goût des choses bien faites, « il admettait le débat mais pas les discussions sans fin… », « Quand une décision était prise, on y revenait pas… ».

On pourrait ajouter, pour reprendre un mot de Louis que je trouve très juste, que Jean-François était aussi perfectionniste.

Mais, comme nous tous, Jean-François avait aussi les défauts de ses qualités.

Allez, disons-le, il manquait parfois aussi de souplesse. Jusqu’à se cabrer ou se refermer sur lui-même quand on le contrariait. Mais, avec lui, on savait que cela ne durerait jamais très longtemps. Un coup de fil, un café et on était reparti sur de bonnes bases.

CONCLUSION

Jean-François tu n’avais que 51 ans et encore de belles années devant toi.

Malgré ton calme apparent, l’image de l’homme solide que tu voulais nous renvoyer, tu cachais, au fond de toi-même, une très grande fragilité.

Jean-François, tu avais, chevillé au corps, le sens de l’intérêt général et tu pensais d’abord aux autres.

Profondément honnête et intègre, je ne t’ai jamais entendu dire du mal des autres.

Tu te battais pour un monde plus juste et tu souffrais, beaucoup plus qu’on ne pouvait le penser, quand on remettait en cause la sincérité et la profondeur de ton engagement.

Jean-François, pendant toutes ces années, tu as tout donné aux autres, trop peut-être.

Jusqu’à cette décision terrible qui nous a tous pris au dépourvu et qui nous a plongés dans le plus grand désarroi.

Mais cette décision, c’est la tienne et, aussi dur que cela soir, nous devons la respecter.

Dans le mot que tu as laissé, tes dernières pensées sont allées vers ta famille.

Sache que nous serons toujours là pour elle.

Perrine, Margaux, Louis, Lola, Michel et Lucie, vous pouvez être fiers de Jean-François, de ce qu’il était, de ce qu’il a accompli.

Jean-François, merci, au nom de tous, pour ce que tu étais et pour tout ce que tu nous as apporté.

Veille sur nous, Jean-François, et repose en paix, tu l’as bien mérité.

Daniel Fasquelle

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